Trop tard pour contenir l’épidémie?

La nouvelle qui circule en ligne sur le Coronavirus : «le virus circule déjà parmi nous» n’est pas une surprise.
Est-il trop tard pour contenir l’épidémie de coronavirus?
En France, le président Emmanuel Macron, a (enfin) dit ce matin que « l’épidémie etait en cours« . On compte maintenant plus de 18 cas confirmés de coronavirus en France et deux personnes sont mortes. Pas de mesures significatives (comme la fermeture des écoles, des musées, des magasins, annulation de matchs, …) jusqu’à présent prises par le président, à part ce plan blanc dans l’Oise.

Le « plan blanc » enclenché dans 2 hopitaux seulement

Un plan blanc permet d’ouvrir des lits supplémentaires et de renforcer les équipes de professionnels de santé dans les établissements en difficulté […]Tous les professionnels d’un établissement, administratifs, médecins, soignants et personnels techniques, sont concernés.

Emmanuel Macron interpellé par des médecins

À l’occasion d’une visite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Emmanuel Macron a été interpellé par médecins en colère ou inquiets, en reference à la crise de l’hôpital public en France. 

«En termes de personnels, il n’y a pas du tout les moyens de faire face à quelque chose d’ampleur (…) Donnez-nous les moyens», a lancé un neurologue au président.  
Le président de la République a reconnu qu’«on a(vait) devant nous une épidémie». «On va devoir l’affronter au mieux, avec la vie qui continue. On sait que nous ne sommes qu’au début… On va tâcher avec l’ensemble des soignants de prendre les bonnes décisions», a-t-il précisé. 

« On sait que nous n’en sommes qu’au début », a-t-il ajouté.
Oui, c’est maintenant qu’il faut agir et sérieusement avant le point de non-retour, n’est-il pas déjà trop tard?

Trop tard pour contenir l’épidémie ?

Plus il y a d’individus atteints, plus on peut connaître avec certitude le nombre de personnes qu’ils vont contaminer à leur tour. Le virus a alors un comportement exponentiel et l’épidémie explose. C’est la loi mathématique des grands nombres”, détaille Jean-Stéphane Dhersin, spécialiste de la modélisation d’épidémies.

Autrement dit : “On ne peut agir qu’en début d’épidémie en essayant de faire baisser la moyenne de personnes contaminées par un porteur du virus, en instaurant des mesures comme la mise en quarantaine ou en poussant les gens à mettre des masques… Après, il est trop tard”, note ce mathématicien.

Point de non-retour franchi?

Et si malgré les efforts des pays du monde entier, l’épidémie franchissait le point de non-retour ? “Ce sera alors exactement comme pour une épidémie de grippe, on ne pourra rien faire sauf attendre que cela passe”, prévient Jean-Stéphane Dhersin.

Le probleme c’est qu’il ne s’agit pas d’une grippe mais d’un virus dont on ne connait pas grand-chose, sauf qu’il peut entrainer des pneumonies graves dans 25% des cas et que les personnes agées ou fragiles sont les personnes les plus à risques. On a vu aussi ce qu’il s’est passé en Chine et ce qu’il se passe en Italie et au Moyen-Orient.

Dans ce scénario, on peut s’attendre à ce que “les mesures prises en Italie ou en Chine, c’est-à-dire des mises en quarantaine essentiellement, se produisent un peu partout” comme le fait noter Frédéric Tangy, directeur du laboratoire d’innovation vaccinale à l’Institut Pasteur. Le risque serait alors sanitaire bien sûr mais aussi social et économique.

Une salle de sport transformée en hôpital pour traiter des patients atteints du coronavirus en Chine
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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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