Tous en guerre contre le coronavirus

 «Il faut prendre conscience que nous sommes en état de guerre. C’est brutal, mais il faut bien avoir à l’esprit que nous sommes en guerre. Nous sommes envahis par un ennemi invisible que nous devons combattre. Il faut en appeler à la mobilisation générale et ne pas avoir peur d’utiliser des termes militaires » voilà les mots forts de William Dab pour résumer la situation actuelle en France face à l’urgence du coronavirus.

William Dab, directeur général de la Santé pendant la crise du SRAS, est professeur émérite d’épidémiologie au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

Il avoue n’avoir jamais été aussi inquiet et espère que les Français ont enfin pris conscience de la gravité de la situation. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à l’intervention télévisée du Président de la République Emmanuel Macron, jeudi dernier.

Les batailles se gagnent sur le terrain, pas dans les hôpitaux.

Les batailles se gagnent sur le terrain, pas dans les hôpitaux. Autrement dit, chacun de nous doit agir à son niveau pour ne pas arriver au pire scénario: la saturation des hôpitaux, ce qui signifierait qu’on ne compterait plus le nombre de cas positifs mais le nombre de morts pour évaluer la situation.

« Chacun de nous doit agir à son niveau« , comment ? En restant chez soi, pour de vrai, ce qui veut dire : ne plus voir ses amis, ne plus voir sa famille, à l’exception de son conjoint et de ses enfants.

William Dab souligne que « nos pouvoirs publics ont pris leurs responsabilités. Tout le monde doit désormais prendre les siennes. Ce n’est pas l’État qui va détruire le virus. Si chacun d’entre nous respecte un confinement strict, que l’on est sérieux, disciplinés et rigoureux, que l’on accepte ces quelques semaines de privation de liberté relative, le taux de contamination peut descendre suffisamment bas pour casser la dynamique de l’épidémie ».

Que se passera-t-il si les gens ne restent pas chez eux ?

Selon William Dab : « Je n’ai évidemment pas de boule de cristal mais un scénario à 300.000 morts est tout à fait possible ». C’est un chiffre crédible si l’on considère que le virus peut contaminer 30 millions de personnes en France et que le taux de mortalité, dans le meilleur des cas, se situe aux alentours de 1%.

La propagation du virus suit en effet une courbe exponentielle. Le nombre de cas identifiés en France était, hier soir, de 5.423, selon le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon, précisant en passant que le nombre de cas positifs doublait tous les 3 jours.
Ce qui veut dire qu’à ce rythme là, il y aura plus de 10.850 cas dans 3 jours, environ 21.700 cas dans 6 jours, 43.400 cas dans 9 jours, 87.000 dans 12 jours, soit plus de 170.000 cas dans deux semaines, ce qui représentera environ 5.000 personnes en réanimation…

Les hôpitaux sont déjà saturés, il faut absolument éviter cela.

Comme le dit très bien Graham Medley, professeur de modélisation des maladies infectieuses à la London School of Hygiene and Tropical Medicine :

« N’imaginez pas que vous pourriez attraper le virus, essayer plutôt d’imaginer que vous êtes en train de le transmettre ».

Ou encore le Pr Jérôme Salomon: « ce n’est pas le virus qui circule dans la population. Ce sont les hommes et les femmes qui le font circuler».

Un seul mot d’ordre: rester chez soi, rester chez soi, rester chez soi.

Tous en guerre contre le coronavirus pour éviter d’accumuler les cerceuils dans les églises, comme à Bergame
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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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