Protégeons mieux nos médécins face au coronavirus

Il faut revoir la protection, insuffisante actuellement, des médecins, généralistes en particulier, face au coronavirus.
Depuis ce week-end, en France, cinq médecins en première ligne sont morts du coronavirus.
Cinq médecins en tout sont décédés, dont trois dans le Grand Est, région extrêmement touchée par le virus et où les hôpitaux sont saturés.

Un médecin généraliste de 70 ans, est mort dimanche à l’hôpital de Colmar. Il avait ausculté des patients atteints du coronavirus.
Il était père de deux enfants désormais adultes.

Un autre médecin généraliste, agé de 68 ans, est décédé ce week-end à l’hôpital de Trévenans (Territoire-de-Belfort). Lui aussi avait ausculté des patients ayant le coronavirus.

Un gynécologue-obstétricien de 66 ans, à Mulhouse, est mort « des suites » du Covid-19, a indiqué dans un communiqué la clinique du Diaconat, où ce médecin exerçait « depuis 35 ans ». Il aurait contracté le virus auprès de l’une de ses patientes lors d’une consultation au sein de son cabinet.

En Moselle, un médecin généraliste de 60 ans, est décédé à l’hôpital de Saint-Avold où il avait été admis pour des « problèmes respiratoires », ignorant s’il y avait des cas de Covid-19 dans sa commune de plus de 5000 habitants. C’était l’image typique du médecin de famille.

Enfin, le cinquième médecin décédé était âgé de 68 ans. Contaminé depuis trois semaines, il avait été hospitalisé à Compiègne, détaille France 3 Hauts-de-France. Après que son état s’est dégradé, le médecin a été transféré à Lille. Il aurait été très rapidement en contact avec des patients infectés au début de l’épidémie dans l’Oise. Sa femme, également médecin généraliste, avait été placée en quarantaine chez elle. Elle n’avait pas pu se rendre à l’hôpital avec son mari. 

Protégeons mieux nos médecins généralistes

Les médecins généralistes ont besoin d’une protection adaptée à la situation, comme en Chine, car ils sont particulierement exposés au virus quand les patients défilent, les uns après les autres, dans leur cabinet, en toussant notamment.

La photo ci-dessous montre un médecin chinois avec la protection adéquate.

A gauche, un medecin en Chine : aucun fragment de peau n’est exposé. La protection comprend une combinaison, des lunettes-masque, des gants et un masque en dessous de la combinaison.

Maintenant, regardez la différence avec un médecin généraliste Français (photo ci-dessous).

Un seul masque chirurgical ne suffit pas, il faut une protection intégrale, à la chinoise.

Le cas de l’Italie

Un médecin et une infirmière sur dix sont infectés, dans les tranchées avec des masques inappropriés.

Selon les données publiées par l’Institut supérieur de la santé (lien en italien), en Italie, depuis le début de l’épidémie, 5 211 professionnels de la santé ont contracté une infection coronavirus, soit 9 % du nombre total de personnes infectées, soit un pourcentage plus du double Comparativement à 3,8 % pour la Chine. Sans parler des victimes qui s’élèvent maintenant à vingt. Les chiffres sont frappants et inégalés à l’étranger.

À l’origine de ce boom des infections, selon la fondation Gimbe, créée par l’association du groupe italien pour la Médecine Basée sur les Preuves, qui vient de réaliser une analyse, le manque de tampons effectués à tous les professionnels de la santé mais également l’utilisation inappropriée de masques, en particulier l’utilisation de ceux chirurgicaux qui ne protégeraient pas suffisamment les opérateurs en contact avec les patients de Covid 19.

Des professionnels de santé mal préparés

En France, un collectif de centaines de médecins et soignants a d’ailleurs porté plainte le 19 mars 2020 contre le premier ministre et l’ancienne ministre de la Santé pour «mensonge d’État».

Les médecins et soignants accusent en effet Agnès Buzyn et Édouard Philippe de ne pas avoir pris les mesures nécessaires à freiner l’arrivée de l’épidémie en France, alors qu’ils avaient connaissance du danger. Voir notre article Du déjà vu: le virus s’arrête lui aussi à la frontière .

Ils pensent, entre autres, qu’il aurait fallu agir plus rapidement, dès l’annonce de l’organisation mondiale de la santé (OMS) du 30 janvier, qualifiant l’épidémie d’urgence de santé publique internationale. Selon eux, le gouvernement aurait du «constituer des stocks de protections (masques, blouses, lunettes, gants…)» mais aussi «acheter des tests en quantité importante» et «suivre les recommandations de la même OMS», à savoir «procéder au dépistage systématique». Une technique, selon ces médecins, qui aurait permis de repérer et d’isoler les personnes asymptomatiques comme l’ont fait certains pays. «Cela a été fait avec succès en Corée du Sud et aurait dû être un modèle pour l’Europe», a rapporté l’avocat du collectif.

A lire aussi notre article sur l’exemple de la Corée du Sud.

Masques chirurgicaux inadéquats

Il y a aussi un problème de masque, en raison du fait objectif qu’il y a une carence en masques, en particulier de ceux qui protègent le plus (Ffp2 et Ffp3).

Toujours en regardant ce qui se passe en Italie, « les preuves scientifiques , souligne Claudio Beltramello, médecin hygiéniste, membre de la fondation Gimbe et ancien collaborateur d’Oms, montrent que dans les établissements de soins, les masques chirurgicaux ne protègent pas adéquatement les professionnels de la santé.

En fait, depuis le début de l’épidémie, des institutions indépendantes et des experts ont réitéré que le masque chirurgical ne protège pas suffisamment les personnes en bonne santé qui entrent en contact avec une personne infectée.

Nous lançons un appel aux médecins généralistes : protégez-vous comme il se doit, privilégiez les téléconsultations, sinon vous ne pourrez plus exercer du tout, et ce ne sera pas quand vous serez à l’hôpital, intubés, ou pire, sous terre, que vous pourrez aider vos patients.

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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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