Pourquoi le coronavirus fait-il si peur?

Le coronavirus fait peur parce qu’on connait un peu mieux les effets des autres coronavirus (comme le SARS et le MERS) sur l’organisme et que les recentes études faites sur le covid-19 suggèrent des effets possibles similaires sur certains organes. (surtout chez les personnes agées et/ou avec des pathologies préexistantes).

Il y a encore beaucoup de choses à découvrir sur ce nouveau coronavirus qui vient de la Chine, mais une chose est certaine : cette maladie peut déclencher une tempête dans tout l’organisme humain. Cela dit, il semblerait que probablement la plupart des personnes infectées au coronavirus (82% environ) ne developperont fort heureusement que des symptômes bénins.

Alors pourquoi tant d’affolement autour du coronavirus?

La nouvelle souche est génétiquement si semblable au SARS que son nom officiel est devenu le SARS-CoV-2. Ainsi, en combinant les recherches effectuées sur le SARS et le MERS, voici un résumé des effets que peut provoquer le coronavirus sur l’organisme tout entier, information trouvée sur le site de NationalGeographic.it (en italien) traduite et synthétisée ici:

Poumons : c’est le point de départ

Les virus se propagent généralement par la toux et les éternuements des personnes infectées, par le biais de microgouttes qui peuvent transmettre le virus à ceux qui sont en contact étroit.
Les coronavirus se manifestent par des symptômes pseudo grippaux : les patients peuvent d’abord avoir de la fièvre et de la toux, qui progressent ensuite vers une pneumonie ou pire encore.

Après l’épidémie de SARS, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré que la maladie pouvait attaquer les poumons en trois étapes : réplication virale, hyperactivité immunitaire et destruction pulmonaire.
De même, le coronavirus COVID-19, selon les premières données, provoque des symptômes bénins dans environ 82 % des cas, et les autres sont des cas graves ou critiques.

Les premières études sur le COVID-19 ont montré que de nombreux patients développent dans un premier temps une pneumonie dans les deux poumons, accompagnée de symptômes tels que l’essoufflement.

C’est là que commence la deuxième phase et que le système immunitaire entre en jeu.
Alarmé par la présence d’une invasion virale, notre organisme se précipite pour lutter contre la maladie en inondant les poumons avec des cellules immunitaires qui sont chargés d’éliminer les dommages et de réparer les tissus pulmonaires. Normalement, ce processus de défense immunitaire est strictement contrôlé et confiné uniquement aux zones infectées. Mais parfois, le système immunitaire se détraque et ces cellules tuent tout ce qu’ils rencontrent, y compris les tissus sains. Si c’est le cas, de plus en plus de résidus obstruent les poumons et la pneumonie s’aggrave.

Au cours de la troisième étape, les dommages aux poumons augmentent, et peuvent conduire à une insuffisance respiratoire et dans certains cas à la mort.

L’estomac : un passage commun

Lors des épidémies de SARS et de MERS, près d’un quart des patients souffrait de diarrhée – une caractéristique importante de ces coronavirus.

Mais pourquoi un virus respiratoire irait-il ennuyer les organes abdominaux alors?
Quand un virus pénètre dans notre corps, il va à la recherche de cellules humaines avec les «étapes» qu’il préfère: les protéines à l’extérieur des cellules appelées récepteurs. Si le virus trouve un récepteur compatible sur une cellule, il peut l’envahir.

Les virus du SARS et du MERS ont montré qu’ils peuvent prospérer dans les intestins et peuvent être la cause de l’anomalie ou de la perte de liquide qui devient alors la diarrhée.

Mais on ne sait toujours pas si le nouveau coronavirus se comporte de la même façon. Les chercheurs croient que le COVID-19 utilise le même récepteur que le SARS et que ce «passage» peut être trouvé dans nos poumons et dans l’intestin grêle.

Tempête de sang

Les coronavirus peuvent également créer des problèmes dans d’autres systèmes du corps, en raison de la réponse immunitaire hyperactive déjà mentionné. Une étude de 2014 a indiqué que 92% des patients de MERS ont eu au moins une manifestation de coronavirus en dehors des poumons.

En fait, des signes d’« attaque sur l’organisme entier » ont été observés dans les trois cas de coronavirus (SARS, MERS et COVID-19) : niveaux élevés d’enzymes hépatiques, faible numération des globules blancs et des plaquettes, et pression artérielle basse. Dans de rares cas, les patients souffraient d’insuffisance rénale aigue et d’arrêt cardiaque.

Les scientifiques ne savent pas exactement pourquoi certains patients ont des complications en dehors de la zone des poumons, mais cela pourrait être lié à des conditions préexistantes telles que les maladies cardiaques ou le diabète.

Foie : dommages collatéraux

Lorsqu’un coronavirus se propage en dehors du système respiratoire, le foie est souvent l’un des organes « en aval » qui en souffre. Les médecins ont détecté des signes de lésions hépatiques dans les cas de SARS, MERS et COVID-19 souvent bénins, mais les cas les plus graves ont conduit à des dommages au foie plus importants et même une insuffisance hépatique.

Les reins parfois:

Tout est connecté, 6% des patients atteints du SARS et un quart des patients atteints du MERS ont subi de graves lésions rénales. Des études ont montré que le nouveau coronavirus peut faire de même.

Symptomes graves du coronavirus ches les personnes vulnérables: agées ou avec des maladies chroniques ou immunodéprimées
Symptomes graves du coronavirus chez les personnes à risque

Après tous ces détails, on comprend mieux pourquoi le coronavirus COVID-19 fait si peur même si les experts nous disent que  « seulement »  18 à 20% environ des personnes infectées peuvent développer des symptômes graves.
On voudrait tous faire partie des 82% de chanceux qui ne developperont que des symptômes bénins.

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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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