L’exemple de la Corée du Sud: 140.000 tests de dépistage effectués

Voici une comparaison intéressante: en Corée du Sud, sur 7.041 cas positifs au coronavirus, on compte 44 décès alors qu’en Italie, il y a 4.636 cas positifs et on compte 197 décès, soit quatre fois plus de décès avec pourtant moins de cas positifs qu’en Corée du Sud, selon les chiffres du 07 mars.
Le taux de létalité de la Corée du Sud est actuellement inférieur à 1% et inférieur à celui de la moyenne mondiale de COVID-19, qui se situe autour de 3,4%.

Si vous regardez les données mises à disposition jusqu’à présent par le gouvernement sud-coréen, vous pouvez voir qu’un grand nombre de tests ont été effectués dans le pays, ce qui a permis de mettre en place des politiques de confinement et des pratiques cliniques plus ciblées pour traiter immédiatement les cas de COVID-19, réduisant ainsi la progression de la maladie vers la pneumonie virale sévère (qui pour les plus faibles et les personnes âgées peut s’avérer mortelle).

En Corée du Sud, production de tests de dépistage en interne

La Corée du Sud semble avoir surtout appris des erreurs du passé. En 2015, une flambée inattendue de MERS (un autre syndrome respiratoire grave causé par un coronavirus) est passée inaperçue pendant un certain temps en raison de l’absence de kits pour tester les patients. Le gouvernement a donc décidé d’organiser un système d’urgence special, qui implique maintenant la participation de plusieurs entreprises biomédicales spécialisées dans la production de tests pour détecter les maladies virales.

Après les premiers rapports de la Chine sur la pneumonie atypique à Wuhan, l’épicentre de la ville de la crise sanitaire, et la propagation du coronavirus à la mi-janvier, les sociétés de biotechnologie sud-coréennes ont travaillé d’arrache-pied à l’élaboration d’un test. Le processus de création et d’approbation par les autorités du système a pris quelques semaines seulement.

140.000 tests en Corée du Sud, 30.000 en Italie et ….. 6.000 seulement en France

Jusqu’à présent, la Corée du Sud a effectué plus de 140.000 tests, à l’aide d’écouvillons et de tests de laboratoire qui se sont révélés fiables dans plus de 90 pour cent des cas. Pour faire une comparaison, près de 30.000 tests ont été effectués en Italie à ce jour, avec des systèmes tout aussi fiables, mais depuis la semaine dernière, ces tests sont maintenant effectués uniquement sur les personnes qui montraient déjà des symptômes avancés du COVID-19. En France on compte un peu plus de 6000 tests seulement du 24 fevrier au 05 mars.

Grâce au développement précoce de tests fiables et à une remarquable capacité de production des kits nécessaires pour les fabriquer, en Corée du Sud environ 10.000 contrôles sont effectués chaque jour. Par comparaison, en France moins de 1.000 tests sont effectués par jour, selon les données officielles de l’agence de santé publique du 06 mars.

En Corée du Sud, des « drive-tests » sont partout: les gens restent assis dans leur voiture, sans avoir besoin d’entrer en contact avec les autres, comme cela se produirait à l’hôpital.

Des « drive test » stations de depistage du coronavirus sans sortir de la voiture

Plus de tests effectués = plus de cas détectés

Un si grand nombre de tests entraînent inévitablement la détection d’un plus grand nombre de cas positifs, étant donné que, selon la plupart des épidémiologistes, les cas réels d’infections coronavirus sont beaucoup plus nombreux que ceux que nous connaissons.

Dans la plupart des cas, COVID-19 a des symptômes plutôt bénins, et certaines personnes ne remarquent même pas qu’ils sont tombés malades, sauf au plus fort de la maladie. Cela peut contribuer à une plus grande propagation du coronavirus, car cela signifie que les gens maintiennent une vie active même quand ils commencent à être contagieux.

Il est encore trop tôt pour dire si l’approche adoptée en Corée du Sud (avec des confinements très ciblés et un grand nombre de tests) est plus appropriée que celle suivie dans de nombreux autres pays à travers le monde comme l’Italie (avec des tests sur ceux qui ont des symptômes importants et le confinement dans un grand nombre de régions) mais les chiffres actuels semblent le suggérer.

Dans un discours prononcé mardi 3 mars, le président sud-coréen Moon Jae-in a déclaré :

« Nous testons les personnes à grande échelle, le plus rapidement possible, et nous diffusons toutes les données de manière transparente et instantanée. Nous croyons que c’est la meilleure façon de contenir les contagions dans les communautés locales. « 

Le gouvernement sud-coréen a lancé des campagnes d’information et fait tout ce qu’il peut pour montrer qu’il ne néglige pas l’urgence sanitaire.

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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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