Les risques d’une pandémie de coronavirus

Un nouveau virus respiratoire originaire de Wuhan, en Chine, s’est propagé depuis décembre 2019 dans le monde entier, en Asie, en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient. Le 11 mars 2020, l’OMS a qualifié l’épidémie de coronavirus de pandémie. Pour comprendre les risques d’une pandémie de coronavirus en France, il faut d’abord en savoir plus sur le coronavirus, mais aussi sur les pandémies de l’histoire et surtout sur le plan d’action du gouvernement français en phase 3.

Pandémie de coronavirus, officiellement annoncée par l’OMS le 11 mars 2020

S’exprimant lors d’une conférence de presse (lien en anglais), le directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a finalement utilisé le terme pour décrire l’épidémie, qui s’est maintenant propagée à plus de 100 pays et infecté plus de 120 000 personnes.

« L’OMS a évalué cette flambée 24 heures sur 24 et nous sommes profondément préoccupés à la fois par les niveaux alarmants de propagation et de gravité, et par les niveaux alarmants d’inaction », a déclaré le Dr Tedros.
«Nous avons donc fait l’évaluation que Covid-19 peut être qualifié de pandémie. La pandémie n’est pas un mot à utiliser à la légère ou négligemment », a-t-il ajouté.

Toutefois, lorsque le Dr Tedros a qualifié l’épidémie de pandémie, ce n’était pas une décision fondée sur un processus formel et il n’y a pas de liste fixe de nouvelles interventions qui entreront en vigueur.

Jusqu’à présent, la plupart des personnes infectées par le virus viennent de Chine, et la plupart des décès se sont produits là-bas. Mais maintenant, l’Iran, l’Italie, les USA et d’autres pays d’Europe, dont la France, font face à des flambées importantes. L’Italie a imposé des restrictions drastiques dans tout le pays depuis le 10 mars 2020.

Les risques d'une pandémie de coronavirus en France - Le coronavirus se propage dangereusement en France, ici à Paris
Le coronavirus se propage dangereusement en France, ici à Paris

Ce que l’on sait du coronavirus

On ne sait encore pas grand-chose du virus, y compris le nombre de personnes qui peuvent avoir des infections très légères ou asymptomatiques, et si elles peuvent transmettre le virus. Il semblerait que ce soit le cas. Les dimensions précises de l’épidémie sont encore difficiles à connaître.

Il est difficile d’évaluer avec précision la létalité d’un nouveau virus. Il semble être moins souvent mortel que les coronavirus qui ont causé le SRAS ou le MERS, mais beaucoup plus que la grippe saisonnière. Le taux de létalité pourrait être supérieur à 3,4%, selon les experts et l’OMS.

Les enfants semblent moins susceptibles d’être infectés par le nouveau coronavirus, tandis que les adultes d’âge moyen et les personnes âgées sont infectés de façon disproportionnée.

Il semblerait que les hommes soient plus susceptibles de mourir d’une infection que les femmes, peut-être parce qu’ils produisent des réponses immunitaires plus faibles et ont des taux plus élevés de consommation de tabac, de diabète de type 2 et d’hypertension artérielle que les femmes, ce qui peut augmenter le risque de complications suite à une infection.

« C’est un modèle que nous avons vu avec de nombreuses infections virales des voies respiratoires — les hommes peuvent avoir de pires résultats », a déclaré Sabra Klein, une scientifique qui étudie les différences sexuelles dans les infections virales et les réponses à la vaccination à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health.

Les pandémies peuvent varier considérablement en échelle et en puissance – il n’y a pas de seuil fixé, comme les nombre de cas ou les décès, qui doivent être atteints.

Les pandémies de l’histoire

Les pandémies passées incluent le VIH, la grippe porcine et la grippe espagnole de 1918. Certaines des pandémies les plus meurtrières de l’histoire ont été la peste noire, qui a tué jusqu’à 200 millions de personnes au Moyen Age, et la variole, qui a tué environ 300 millions au XXe siècle.

La pandémie de grippe espagnole de 1918 a fait 50 millions de morts, et peut-être jusqu’à 100 millions selon certaines réévaluations récentes, soit 2,5 à 5 % de la population mondiale. En valeur absolue (ou nombre de victimes), elle serait la pandémie la plus mortelle de l’histoire dans un laps de temps aussi court.

La dernière fois que l’OMS a déclaré une pandémie, c’était en 2009 pour l’épidémie de grippe H1N1.

Mais beaucoup de choses ont changé depuis 2009, y compris les recommandations de l’OMS et les plans d’action des gouvernements face à une pandémie.

Que prevoit le passage en phase 3 en France du « plan pandémie »

La priorité de la phase 3 est d’atténuer l’impact de la pandémie, tout en prenant en charge les malades les plus gravement atteints. Les autorités cherchent à éviter la saturation des hôpitaux en essayant d’étaler le plus possible le pic épidémique. Le détail des mesures a été établi en 2011, il est disponible sur le site du gouvernement : le « plan pandémie grippale ». C’est la déclinaison française des mesures recommandées par l’OMS après la grippe A (H1N1) apparue en 2009. 

« En phase 3, le virus circule largement dans la population », explique le gouvernement sur sa page dédiée au coronavirus. L’organisation prévoit la mobilisation complète du système sanitaire hospitalier.

En stade 3, la priorité n’est plus donnée au dépistage systématique de tous les cas mais plutôt à la prise en charge des cas les plus graves : ceux qui nécessitent une hospitalisation.
Ce n’est pourtant pas ce que fait la Corée du Sud, qui a décidé de faire un dépistage de masse pour soigner tous les malades dès que possible pour éviter qu’ils ne développent une pneumonie virale sévère et de cette façon, éviter la saturation des hôpitaux.

Un confinement généralisé est-il prévu en France ? Non, estime le gouvernement qui écrit sur sa page dédiée : « Au stade 3, la vie du pays devra continuer et notre pays gérera l’épidémie. La France s’appuie sur un système de santé efficace ».

Bien qu’il soit trop tôt pour juger de l’efficacité de ce plan d’action (phase 3), on ne peut que conseiller au gouvernement d’observer les pays les plus touchés par la pandémie, comme la Chine et l’Italie, et de copier les plans d’action les plus efficaces, confinement généralisé compris (ci-dessous une vidéo impressionnante de Milan complètement deserté depuis les mesures de confinement drastiques), si nécessaire, quitte à faire fonctionner la France au ralenti pendant un mois.

Milan vidé de ses habitants, en confinement suite à la pandémie de coronavirus

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