Le coronavirus pourrait toucher 850.000 personnes en Belgique

Le président du conseil médical CHC Liège et président de l’Absym (Association Belge des Syndicats Medicaux), le Dr Philippe Devos, avance une projection inquiétante du «coronavirus qui pourrait toucher 850.000 personnes en Belgique si des mesures de précaution plus drastiques qu’avec la grippe ne sont pas prises».

Sans mesures de précaution plus drastiques qu’avec la grippe, 850.000 personnes pourraient être infectées par le coronavirus en Belgique, prévient le Dr Philippe Devos. Le spécialiste a établi une projection sur la base des données du FpS santé publique, de l’OMS et des CDC (Organisation nationale américaine pour les maladies infectieuses) et a évalué la contagion du coronavirus 1,7 fois plus que la grippe. Vous pouvez lire tout son raisonnement sur son blog.

Une centaine de personnes hospitalisées

«Cependant, en Belgique, la grippe touche 500.000 personnes en moyenne par an. Sans mesures de précaution plus drastiques qu’avec la grippe, nous risquons donc d’avoir 1,7 x 500.000 soit 850.000 personnes infectées par le coronavirus en Belgique».

« Les chiffres chinois et italiens sont très similaires. C’est une mauvaise nouvelle car on espérait que les chiffres en Europe seraient inférieurs à ceux de la Chine. Ces chiffres indiquent que 13,8 % des patients atteints de pneumonie ont besoin d’oxygène et d’hospitalisation et que 6,1 % des patients atteints d’une pneumonie présentant de multiples défaillances d’organes doivent être hospitalisés en soins intensifs. Soit sur la base de 850.000 personnes, 117.000 personnes sont hospitalisées, dont 52.000 ont besoin de soins intensifs».

En ce qui concerne le nombre de lits disponibles dans les hôpitaux, le président d’Absym met en garde. S’il n’y a pas assez de lits disponibles dans les hôpitaux et en particuluer de lits de soins intensifs qui disposent de machines (respirateurs, dialyse, etc.) pour gérer les cas les plus graves de coronavirus, il y aura alors un gros problème.

« Vous n’avez pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre que sans rien faire, vous aurez un problème. Parce que, une fois ces lits remplis, le patient ne peut plus être traité par des moyens technologiques élevés. Il rentrera chez lui et sera traité avec les moyens disponibles. Cela explique ensuite une augmentation de la mortalité observée dans les régions où le système de santé a dépassé la saturation. Par exemple, la mortalité due au virus en Italie est de 2,6 %. Il monte à 3,9% dans les zones où les hôpitaux ont été saturés ».

Quelle réaction des autorités belges?

La première chose à faire est d’arrêter le virus de se propager comme la grippe. Il est possible que la phase 2 ou 3 du plan de gestion des risques du SFP Santé en Belgique parvienne à endiguer la propagation du virus. Seules quelques centaines de personnes auront été infectées et les hôpitaux ne seront pas débordés. C’est ce que tout le monde espère. « Après seulement, si c’est encore nécessaire, vient la phase de l’hôpital: nous ne pourrions pas contenir la maladie et les hôpitaux seraient pleins« .

« Si nous y sommes, nous aurons deux problèmes : les hôpitaux seront pleins avec un personnel réduit. En effet, nous savons que puisque les patients sont concentrés dans les zones de soins, les soignants sont plus à risque d’être contaminés. En Chine, par exemple, 12 % des personnes infectées sont des soignants. Cela signifierait 100 000 soignants infectés ici. Mais vous savez qu’il y a déjà un problème d’un manque de blouses blanches en Belgique ».

En cas de saturation des hôpitaux, le plan « pandémique » coordonné par le ministre doit être déclenché. Ce qui, soutient encore le spécialiste, sera lourd de conséquences (annulation d’hospitalisations programmées, manque de structures et de personnel inoccupés…).

«La priorité absolue est d’éviter d’atteindre ces 850.000 personnes infectées. C’est toujours faisable. Cela dépend du bon comportement de chacun (…)».

La nouvelle façon de saluer en Chine suite au coronavirus

Quel serait le même scenario rapporté à la France?

On sait qu’il y a en moyenne 2,5 millions de personnes infectées par la grippe chaque année en France, d’après les chiffres officiels publiés par l’Agence Nationale de Santé Publique.

Avec un taux de contagion de 1,7 fois supérieur à celui de la grippe, on a donc plus de 4 millions de français susceptibles d’être infectés par le coronavirus.
En reprenant les chiffres connus de Chine et d’Italie, soit 13,8 % de patients atteints de pneumonie ont besoin d’oxygène et d’hospitalisation et 6,1% de patients atteints d’une pneumonie présentant de multiples défaillances d’organes doivent être hospitalisés en soins intensifs, on arrive à 580.000 personnes qui devraient être hospitalisées, dont 250.000 qui auraient besoin de soins intensifs.

Ce n’est qu’une simulation, on espère ne pas en arriver là car avec la probable saturation des hôpitaux et le manque de personnel médical, ça pourrait effectivement mal tourner.
Il faut espérer que les mesures du gouvernement français soient suffisantes pour enrayer ce virus au plus vite et éviter ce type de scenario.

A lire aussi notre article Coronavirus: la France est-elle vraiment preparée?

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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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