« La santé d’abord », il est temps d’agir

Il y a d’un coté, les pays qui protègent leur population et de l‘autre coté, ceux qui préfèrent protéger leur économie.
Certains pays, comme l’Italie, la Corée du Sud et surtout la Chine, ont choisi de protéger, parfois violemment, parfois avec des moyens musclés, leurs citoyens du coronavirus. Un choix courageux et lourd de conséquences économiques.

Voici ce que dit (extrait traduit en Français) un article de la revue scientifique médicale britannique The Lancet publié le 07 mars à propos de la réponse des gouvernements face à l’épidémie de coronavirus COVID-19:

« […]Les ministres de la santé se démènent pour mettre en œuvre des mesures appropriées pour retarder la propagation du virus. Mais leurs actions ont été lentes et insuffisantes. Il y a maintenant un réel danger que les pays aient fait trop peu, trop tard pour contenir l’épidémie. […]Bien que tous les pays n’aient pas l’économie politique de commandement et de contrôle de la Chine, il y a des leçons importantes que les présidents et les premiers ministres peuvent apprendre de l’expérience de la Chine. Les signes sont que ces leçons n’ont pas été tirées […].
Ils devront peser les risques éthiques, sociaux et économiques par rapport aux avantages prouvés pour la santé.[…] Les preuves indiquent certainement que les dirigeants politiques devraient agir plus rapidement et plus agressivement […].
Jusqu’à présent, les preuves suggèrent que les efforts colossaux de santé publique du gouvernement chinois ont sauvé des milliers de vies. Les pays à revenu élevé, qui sont aujourd’hui confrontés à leurs propres flambées, doivent prendre des risques raisonnés et agir de manière plus décisive.
Ils doivent abandonner leurs craintes des conséquences publiques et économiques négatives à court terme qui peuvent découler de la restriction des libertés publiques dans le cadre de mesures de lutte contre les infections plus affirmées ».

Prenons le cas de la Chine

Citons tout d’abord la Chine, 1ère puissance économique mondiale, qui décide d’annuler les festivités du Nouvel An chinois, une tradition pourtant incontournable et surtout qui arrête son économie pendant plus de 40 jours pour contenir et enrayer l’épidémie de Coronavirus.
Les experts disent que le facteur le plus important contribuant à l’endiguement du virus par la Chine a été l’utilisation agressive des quarantaines. À Wuhan, les autorités ont transformé les stades et autres installations en centres de quarantaine de masse et construit plus d’une douzaine d’hôpitaux temporaires pour loger des milliers de patients présentant des symptômes moins graves.
Le résultat est là : les nouveaux cas sont pratiquement inexistants maintenant. Les décès restent limités compte tenu du nombre d’habitants en Chine (plus d’un milliard quatre cent millions en 2019).

La Corée du Sud

La Corée du Sud, 12ème puissance économique mondiale et 4ème en Asie, 51 millions d’habitants, a choisi de faire un dépistage de masse et les résultats sont éloquents : les nouveaux cas ne cessent de baisser, les décès sont très limités. Dans une ou deux semaines, il est probable que le coronavirus ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

Le cas de l’Italie

Dire que les Italiens sont « très famille » n’est pas un cliché. La famille passe avant tout en Italie et ce que le gouvernement italien impose comme mesures restrictives le confirme. Le premier ministre a dit: « au lieu de prendre vos vacances en août, vous les prenez en mars » ou encore : « protégeons nos parents et nos grands-parents » et dit vouloir « protéger les plus faibles ».
Le tourisme en Italie a chuté, l’impact de telles mesures de confinement national sur l’économie du pays sera considérable mais la situation sanitaire est telle que le choix de protéger les citoyens du coronavirus en imposant un confinement national etait un choix « obligé » du gouvernement italien. Certains experts estiment que ce confinement n’est pas suffisant, qu’il faut aller encore plus loin et fermer tous les transports publics, obliger les gens à rester chez eux et ne sortir qu’en cas d’urgence absolue.

Posez-vous les bonnes questions

  • Pourquoi croyez-vous que ces pays aient fait le choix de protéger leurs citoyens au detriment de leur économie?
  • Pour lutter contre une simple grippe ?
  • Pourquoi la France serait-elle épargnée par ce virus et les désastres sanitaires qu’il provoque?
  • Pourquoi croyez-vous que des millions aient été donnés pour la recherche d’un médicament et pour la création d’un vaccin?

Que ceux qui pensent encore que ces mesures sont exagerées et qu’on ne fait pas autant d’histoire pour la grippe, aillent visiter une unité de soins intensifs en Italie, cela pourrait les reveiller. Les medecins en Lombardie doivent maintenant choisir quels patients sauver et quels patients laisser mourir faute de lits en soins intensifs.

A lire aussi le témoignage d’une patiente en soins intensifs en Italie.

Les pays qui ont choisi de protéger leur économie

Le cas de la France

Ne vous y trompez pas, la France a choisi de protéger l’économie et les municipales.
Des mesures en demi-teintes ont été prises, qui ne vont pas empêcher le virus de se propager parmi la population. Il est impossible de trouver le nombre de tests de dépistage effectués en France, nombre qui devrait être mis à jour quotidiennement et mis à disposition de tous les français. Les chiffres officiels sont largement sous-estimés, l’Agence de Santé Publique Française, qui devrait protéger la santé des citoyens, ne met plus à jour les données détaillées sur l’épidémie de coronavirus, comme le montre ce screenshot du site de l’Agence de Santé Publique Française pris aujourd’hui (10 mars), le point épidémiologique date du 07 mars.

Le 10 mars 2020, le point épidémologique date du 07 mars

Un autre exemple du retard (voulu?) dans la communication des chiffres, pourtant publiés dès 15h par l’ Agence de Santé Publique Française : 30 morts au total hier mais sur BFM TV, à 19h43, il en manquait 5…

25 décès au lieu des 30 officiels???

Car la devise est : « N’alarmons surtout pas les gens, pensons à l’économie du pays ».
Les titres des journaux aujourd’hui en disent long:

Le Monde : « Le risque de contagion à l’économie est bien réel »
Le Figaro : « Coronavirus, l’économie contaminée »
L’Express : « Coronakrach : et si la récession économique était pire que celle de 2008 ? »

Il  y a fort à parier que le stade 3 du plan d’action du gouvernement ne sera mis en place qu’après les municipales.
Résultat : beaucoup de Français sont dans le déni, il n’y a qu’à voir le rassemblement pathétique de « Schtroumpfs » samedi à Landerneau, plus de 3 500 personnes entassées, à quelques centimètres seulement les unes des autres, defiant toutes les règles du bon sens et de la responsabilité. Ce rassemblement aura certainement sa place sur le Guiness Book des records dans la categorie « irresponsabilité collective » face à ce qu’on peut appeler une « bombe virale », le coronavirus.
Mais est-ce vraiment de leur faute?

Le cas du Royaume-Uni

Le royaume-uni n’a encore appliqué AUCUNE mesure significative sur son territoire. Boris Johnson a annoncé, bien sûr de lui :

« Il ne fait aucun doute que le Royaume-Uni  va surmonter le coronavirus et s’en sortir en bonne forme.
Le NHS
(équivalent de l’Agence de Santé Publique en France), la police et d’autres secteurs sont prêts à agir dans le pire des cas ».

Visiblement la vision au Royaume-Uni est la suivante: « laissons entrer le virus (c’est déjà fait), nous verrons ensuite si la situation s’empire ». Aucun contrôle dans les aéroports, quelques écoles fermées, plus de 23 000 tests de dépistage effectués (quand même), tout repose sur la responsabilité de chacun, esperons que cela suffise.

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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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