Coronavirus en France: va-t-on finir comme en Italie?

On entend dire que des pays comme la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni suivent une trajectoire similaire à celle de l’Italie. La seule difference vient du retard dans la propagation du coronavirus d’une ou deux semaines suivant les pays. Est-ce vrai ?

Il est important de préciser qu’il est difficile de faire de telles prédictions. Le nombre de cas positifs dans un pays, par exemple, dépend des critères que les autorités sanitaires adoptent pour tester les personnes. Il faut également prendre en compte les systèmes de santé différents de pays à pays et leur capacité à gérer l’arrivée, chaque jour, de centaines de nouveaux patients dans des conditions graves dans les hôpitaux.
En particulier, un indicateur important dans la gestion de la crise sanitaire est le nombre de lits en soins intensifs dont disposent les différents pays.

Ci-dessous un graphique montrant le nombre de lits en soins intensifs pour 100 000 habitants d’un certain nombre de pays :

On peut noter que la France n’est pas parmi les pays les mieux equipés en lits de soins intensifs, elle est même derrière l’Italie mais largement devant le Royaume-Uni.

Enfin, les coutumes et les comportements des différents peuples d’Europe sont aussi à prendre en compte dans les prédictions: comment les personnes se disent bonjour (en se faisant la bise ou en se serrant la main par exemple), quelles sont les occasions de contact et aussi comment les gens respectent les recommandations et les règles en général.
On a pu voir que les Italiens étaient indisciplinés dans les premiers temps et que le gouvernement a du les obliger à respecter les règles en intensifiant les contrôles sur tout le territoire et en punissant sévèrement les contrevenants.

Personne ne peut dire avec certitude ce qui se passera dans les semaines à venir en Europe et l’interprétation des données disponibles est surtout utile pour identifier les tendances générales.

Le graphique suivant peut aider à comprendre les tendances générales des différents pays :

DAYS BEHIND ITALY= JOURS DERRIERE L’ITALIE; en rouge, la France, en noir, l’Italie

Ce graphique a été développé par Silvia Merler, chercheuse au Algebris Policy & Research Forum (qui traite des études et des conseils sur les politiques économiques européennes) – et est basé sur les données recueillies par l’Université Johns Hopkins, qui dispose d’une base de données à jour sur les cas positifs, les guérisons et les décès du coronavirus dans le monde.

Il apparait clairement que le coronavirus n’est pas et ne sera pas un problème uniquement italien.

Des tendances exponentielles ont été enregistrées ces derniers jours dans les principaux pays d’Europe occidentale. Les données actuelles suggèrent que la situation en Italie aujourd’hui – près de 25 000 personnes testées positives, plus de 1 800 décès liés au coronavirus et un système de santé sous pression – pourrait être reproduite dans plusieurs pays européens d’ici quelques temps.
Pour la France, cela pourrait se produire dans 9 jours.

Pour l’instant, il est impossible de dire avec certitude si les pays en question arriveront dans une ou deux semaines là où l’Italie est aujourd’hui : il faudra plusieurs jours pour comprendre si la propagation de la contagion se développera de la même manière, même si jusqu’à présent, les courbes des données actuelles semblent le suggérer.

Une file interminable en Italie, pour faire les courses dans un supermarché

A lire aussi notre article sur l’appel désespéré d’un médecin urgentiste à Milan.

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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

2 thoughts on “Coronavirus en France: va-t-on finir comme en Italie?

  1. nn

    Entre le 1-10 mars, 30% d’augmentation par jour, en France comme en Europe. Entre le 11-20 mars, ‘seulement’ 20% par jour. Faisons le pari qu’en France, on comptera 50 000 cas le 1er avril, et que le total des cas plafonnera à 100 ou 150 000 à la fin de l’épidémie.

    Quant à la différence entre l’Italie et la France, il me semble qu’elle est d’abord expliqué par le nombre des cas qui ont pu rentrer au pays et y disséminer l’infections avant qu’on a commencé à prendre des contre-mesures. Un petit pays comme le San-Marin, conforte cette hypothèse (une personne sur 300 malade mais une progression limitée à 7% par jour). D’autre part, étant donné le nombre de cas très limités en Afrique sub-saharienne, on en déduirait que le virus ne semble pas très bien résister au chaud.

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