Coronavirus aux USA: une bombe à retardement

L’attention est focalisée sur le président Trump, qui, face à une crise en spirale, continue de faire porter le blâme à ses ennemis imaginaires.
Lundi, il a une nouvelle fois critiqué les médias « fake news » pour avoir tenté « d’enflammer la situation du Coronavirus » et a cherché à minimiser les risques auxquels sont confrontés les Américains, avant de faire allusion à un ensemble de mesures de relance économique dévoilées mardi.
Son scepticisme quant à l’ampleur de la menace pour la santé publique, cependant, contraste avec les avertissements croissants des experts et des épidémiologistes sur la propagation apparemment inexorable du virus à travers les États-Unis et d’autres parties du monde.

Donald Trump a finalement annoncé aujourd’hui, le 12 mars 2020, que les États-Unis suspendaient temporairement la plupart des voyages de l’Europe aux États-Unis dans le but de contenir la propagation du coronavirus. Il a déclaré que les États-Unis interdisaient les arrivées de 26 pays européens aux États-Unis pendant 30 jours à partir de vendredi à minuit, les accusant de ne pas agir assez rapidement pour répondre à ce qu’il a appelé le «virus étranger». Il ne manque pas de toupet !

Les détails de la façon dont les restrictions fonctionneront n’ont pas encore été entièrement clarifiés et les experts en santé publique ont mis en doute l’efficacité de la mesure, le virus étant déjà largement transmis de personne à personne aux États-Unis.

Des mesures de protection contre le coronavirus que tout le monde doit respecter…. ou presque

Les valeurs « Americaines » ne vont pas protéger les États-Unis du virus

Il y a quelques semaines, certains experts ont qualifié l’épidémie d’événement de «Tchernobyl » en Chine, en dénigrant la gestion précoce de l’épidémie par Pékin alors qu’elle ravageait la ville de Wuhan. Mais les critiques s’appliquent maintenant à Trump suite à la réponse initiale ratée des États-Unis face à la crise.

« Pendant un mois, nous avons pensé que les valeurs politiques chinoises étaient la cause du problème, et que nos valeurs nous protégeraient du virus« , a déclaré Bruno Maçaes, ancien ministre portugais des Affaires européennes, au Wall Street Journal. « C’était une approche idéologique. Il faut utiliser la technologie et le pouvoir politique, pas seulement croire que tout ira bien parce que nous avons les bonnes valeurs. »

Les pays asiatiques plus reactifs que les États-Unis

Les États-Unis enregistrent plus de 1 000 cas, avec un nombre limité de tests de dépistage, tandis que Hong Kong, malgré sa proximité et ses interconnexions avec la Chine continentale, n’a confirmé qu’environ 120 cas. Le gouvernement local a reconnu le risque très tôt et a tiré la sonnette d’alarme le 4 janvier. Les craintes se sont vite révélées justifiées. La ville a enregistré son premier cas le 23 janvier, le jour même où la Chine a déclaré un confinement drastique à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie initiale.

Keiji Fukuda, expert américain en maladies infectieuses et ancien sous-directeur général de la sécurité sanitaire à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a déclaré que la ville de Hong-Kong prenait le nouveau coronavirus au sérieux en partie parce que beaucoup de gens étaient déjà habitués à s’inquiéter des maladies infectieuses. « À Hong Kong, il est assez courant, même sans épidémie, de voir des gens se déplacer masqués parce qu’ils sont peut-être malades et qu’ils ne veulent pas infecter d’autres personnes », a-t-il dit. Pour beaucoup à Hong Kong, les habitudes qui peuvent aider à contrôler une épidémie sont assez courantes.

Ce niveau intrinsèque de conscience peut être difficile à importer pour les États-Unis et d’autres pays. «Je pense qu’il y a des leçons que les États-Unis et d’autres pays peuvent tirer de Hong Kong, a dit M. Fukuda, mais les appliquer peut être difficile. »

Les États-Unis ont trébuché dans leurs propres efforts pour développer un test de dépistage.
Jeremy Konyndyk, qui a supervisé la réponse internationale à Ebola sous l’administration Obama, a commenté la lente réaction globale: « Ils ont tout simplement perdu du temps qu’ils ne peuvent pas rattraper. Vous ne pouvez pas revenir sur six semaines de cécité », a-t-il dit.

Hong Kong n’était pas le seul pays à réagir avec une rigueur relative dès le début. Taiwan et Singapour ont été en mesure de maintenir leur nombre faible en raison de la surveillance et de la recherche des cas positifs. Les trois pays ont été victimes de décès dus au SARS en 2003.

« Singapour a été très transparent sur tous ses cas et a décrit en détail et en temps quasi réel, toutes ses enquêtes épidémiologiques, » Jennifer Nuzzo, professeur à Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, a déclaré dans un courriel.

Il n’y a pas de solution miracle mais tout comme Hong Kong, Taiwan ou Singapour ont appris du SARS, les États-Unis et les autres pays peuvent apprendre du covid-19.

 « Le virus se déplace beaucoup plus vite que les [États-Unis] vont bouger », a-t-il conclut.

Naomi Campbell bien protégée face à la pandémie de coronavirus
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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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