Au final, le coronavirus a atterri en Afrique : le risque pour la France est réel

Finalement, le coronavirus a atterri en Afrique, 45 cas suspects enregistrés selon l’OMS le 16 février. Le premier cas de contagion a été enregistré en Egypte, comme l’a annoncé le ministère de la Santé au Caire. Les autorités égyptiennes ont précisé qu’il s’agit d’un patient étranger – sans autre détail – qui a été hospitalisé à l’isolement après que le thermomètre frontal ait mesuré une fièvre chez ce patient. Le ministre, dans une note, a expliqué qu’il avait immédiatement informé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et qu’il avait pris toutes les mesures nécessaires pour prévenir la propagation du virus.

Pendant des jours, la plus forte alerte des services de santé africains a été enregistrée face au risque réel d’importer du coronavirus sur le continent, partenaire commercial proche de la Chine. Jusqu’à présent, aucun pays africain n’avait été signalé à l’OMS parmi les 24 pays du monde qui ont signalé des cas d’infections du nouveau coronavirus Covid-19. Elle est très préoccupée :

« Des cas d’infections pourraient survenir à tout moment, et la plupart des hôpitaux ne seraient pas en mesure de faire face à un grand nombre de patients ayant besoin de soins intensifs », a souligné Michel Yao, responsable des opérations d’urgence en Afrique.

Ce « n’est pas une bonne nouvelle »…

Walter Ricciardi, un expert, n’a pas bien pris l’annonce du ministère égyptien de la Santé d’une personne infectée par le coronavirus. « Le cas du premier patient en Afrique n’est pas une bonne nouvelle« , explique l’expert. « Non pas tant parce que c’est le premier cas, mais parce que cela signifie que le virus s’est déplacé vers un continent faible du point de vue de la santé publique, de la capacité de diagnostic et de la capacité de réponse ». Dans un entretien avec Adnkronos, le professeur d’hygiène et de médecine préventive à l’Université catholique de Rome, dit que « nous avons juste à espérer » dans la capacité des services de santé à réagir. « Et l’Egypte n’est certainement pas un pays fragile ». Mais quelle est l’ampleur du risque que ce premier cas, lié à un patient étranger dont l’information supplémentaire n’est pas connue? Est-ce que cela peut donner lieu à des flambées locales d’infection? Pour Ricciardi, il est trop tôt pour faire des prédictions:

« Nous devons d’abord bien comprendre l’histoire de cette personne – précise – d’où elle vient, ce qu’elle a fait, comment elle est arrivée en Egypte, quels contacts elle avait ».

Par ailleurs, comme l’a expliqué hier 13 février Michel Yao, responsable des opérations d’urgence en Afrique, « la plupart des hôpitaux ne seraient pas en mesure de faire face à un grand nombre de patients ayant besoin de soins intensifs ». Et encore : « A ce jour, seuls 7 laboratoires, pour tout un continent, sont en mesure d’effectuer les tests. Parmi eux l’Institut Pasteur au Sénégal et l’Institut national des maladies transmissibles en Afrique du Sud, qui ont reçu des échantillons à examiner de pays sans cliniques alors que, dans certains cas, ils ont été expédiés directement à Paris.

Alarme OMS sur le virus en Afrique

Jusqu’à présent, sur les 45 cas suspects signalés à l’OMS en Éthiopie, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Botswana et au Burkina Faso, 35 ont été testés négatifs et une douzaine de personnes sont toujours en quarantaine, en attendant les résultats des tests. Depuis le début de la crise sanitaire, cinq pays africains, dont le Maroc, ont rapatrié leurs concitoyens qui se trouvaient à Wuhan pour étudier ou travailler. Mais selon Yao, « c’est l’absence de réactifs pour tester le virus qui retarde la capacité des pays africains à confirmer les cas. Donc nous travaillons 24 heures sur 24 pour nous assurer qu’ils les reçoivent et pour dispenser des cours de formation ».

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About Marion Martin

L'observatoire international des maladies infectieuses et tropicales, comprend des médecins spécialisés dans tous les domaines des maladies infectieuses, plus particulièrement les infections de l'immunodéprimé, du voyageur et du migrant et les infections émergentes ainsi que l'infection 2019-nCov et la tuberculose

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